CAMEROUN, MAELSTROM DE LA RUMEUR.

12 Oct 2017

Ces dernières décennies, Le phénomène de la rumeur a pris une ampleur démesurée sur l’étendue du territoire national. Il ne passe un jour sans qu’on ne suive ou qu’on ne lise; telle personnalité sera limogée, telle autre va être nommé ailleurs, tel directeur général est embourbé dans des détournements ou est entendu au tribunal criminel spécial, tel responsable est homosexuel et gourou d’une secte. Cette situation ne peut s’expliquer que par la démocratisation de l’internet et l’avènement des réseaux de socialisation tels que facebook, twitter, whatsapp où l’information et l’intox se partagent entre personnes connectées.

Plus explicitement, l’information et/ou l’intox se donner d’une personne à une autre qui la tient pour sa part de quelqu’un d’autre, lequel est, croit-on souvent et pour la plupart des cas, dans les secrets de dieux et par simple clic se répand comme une trainée de poutre dans la blogosphère. Même s’il est vrai que la rumeur appartient à l’homme de la rue, les Camerounais aiment à lui donner foi sous prétexte d’un adage devenu célèbre « il y’a pas de fumée sans feu ». L’on comprend qu’il s’agit là d’un exemple patent d’une situation de surinformations des populations sous-informées, prétendant divulguer les secrets les mieux gardés et espérant dévoiler au grand jour des inédits. Dont la conséquence inéluctable est de rendre toute autre source d’information suspecte et mensongère.

Si certains ont trouvé en elle, le moyen d’amuser le bas peuple et de faire des essais, la rumeur peut entrainer de nombreux maux. En l’occurrence de l’incitation à la révolte voire à la vengeance, pousser à des grèves. On se souvient de la prétendue mort de Paul Biya en 2005. Ce qui a poussé l’homme lion à sortir de sa tanière, en faisant un discours en direct. Or le connait très réservé. Et plus récemment la tentative de révolte incitée par certains medias locaux à travers la publication des salaires de certains directeurs généraux de sociétés d’Etat. Comment mettre donc fin à cet étrange phénomène qu’est la rumeur ? C’est la question à laquelle devraient répondre le ministre camerounais de la communication, les locataires des deux chambres hautes du parlement et le directeur du cabinet civil. Car aux dires de certains, les silences des uns - chef de l’Etat - traduisent à suffisance leur culpabilité ; d’où l’expression « silence coupable ».

Qu’est ce qu’une information crédible et où la trouver ? La définition en elle-même n’est pas du tout facile. Même dans les pays les plus démocratiques, les journaux ont du mal à s’accommoder à la liberté d’informer et obligation de réserve. Néanmoins, il s’avère nécessaire de tracer une ligne de séparation entre le scoop et la rumeur, la vérité et le sensationnel, l’information et la diffamation. Tout compte fait, une information devrait normalement se tenir à égale distance entre ces extrêmes.

Quant à où la trouver, c’est surement dans les communiqués de presse. Qui on le sait, ont du mal à accrocher le lecteur et à combler les attentes du public ; encore moins à le convaincre surtout dans un contexte où l’accroissement de l’audience est gageure de succès.

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