SCANDALE AU CONSUPE : LES FAITS QUI ACCABLENT ROSE MBA ACHA.

Ousmane MAH 13 Nov 2017 Societe

Depuis quelque temps déjà, le personnel du Contrôle Supérieur de l’Etat est aux abois. Il dénonce pince sans rire, l’ethos d’indiscipline financière et une mise en coupe réglée des disponibilités budgétaires de cette institution. Quels sont les faits explicatifs de la corruption présumée des vérificateurs, de l’ambiance délétère qui prévaut au sein de l’institution supérieure de contrôle et de l’absence de visibilité des travaux d’investigations ? Notre rédaction a fait une immersion de plusieurs mois dans ces services et vous dévoile le contenu des informations collectées. La gestion au scanner.

A peine arrivée, la concernée va initier un ethos de l’indiscipline financière et une mise en coupe réglée des disponibilités budgétaires de cette institution. Pour preuves, les indemnités journalières de mission ne sont plus payées en décompte unique et font l’objet de paiements échelonnés en plusieurs exercices ; un exemple récent est le paiement d’un reliquat aux vérificateurs de la mission Src en mai 2017 alors que cette mission a été lancée en novembre 2014. Les missions Camair-Co, Minac, Minesec, Camwater, Tnt, Centre des Handicapes, Commune de Menji, Cnps, n’y dépareillent pas. Les frais de mission sont pourtant débloqués au Minfi, bien audelà des jours accordés aux vérificateurs mais ne leur sont que reversés qu’en faible proportion et plusieurs mois après le décaissement opéré. D’ailleurs, ces pratiques d’un autre âge opposent devant le Tribunal administratif du Centre Madame le Ministre Délégué et le Contrôleur d’Etat Bakoa Bakoa Giovanni, ce dernier reprochant à sa hiérarchie d’avoir procédé au décaissement de quatorze millions de francs en son nom et pour son compte et à son insu.

S’agissant de l’organisation des cérémonies quelles qu’elles soient, elles sont désormais organisées et leur financement assuré et suivi par le Dag, le magistrat Suh Damian Ambe et son sousdirecteur en charge du Budget Ndzo Célestine Ngu tous Inspecteurs d’Etat. En effet, ces derniers auraient commandé les pagnes du 8 mars auprès de la Cicam, aurait marchandé avec les couturières sur les prix de leurs prestations, en collaborant directement avec les traiteurs, procèdent au paiement par billetage des primes alors qu’ils exercent des responsabilités au quotidien tant dans le cadre des missions de contrôle que sur le plan administratif. Cette hyperactivité financière ne va pas sans sécréter des effets pervers. A titre d’exemple, l’organisation de la fête internationale du travail aurait débouché sur l’invitation de personnes sans lien institutionnel ou rapport direct avec le Consupe et l’incapacité à assurer aux personnels de cette structure, la prise en charge alimentaire attendue d’où, l’ouverture ultérieure d’une liste d’émargements pour un montant de 3 500 Fcfa/personne à raison du désagrément causé.

Sous un autre rapport, le paiement des primes et gratifications est devenu un sujet de préoccupation permanent. Qu’il s’agisse du carburant ou du téléphone, le malaise est perceptible et journellement relayé par le personnel vérificateur. Ces derniers, à tout le moins les Inspecteurs d’Etat, n’ont pas perçu depuis trois trimestres leur dotation mensuelle en carburant de 50 000 Fcfa instaurée par le Ministre Eyebe Ayissi tandis que deux arriérés de paiement du téléphone restent dus au personnel cadre sans qu’aucune justification ne leur ait été donnée. La gestion des retraités

A l’issue du conseil de cabinet ministériel présidé le jeudi 29 juin 2017 par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, il a été prescrit le remplacement des collaborateurs admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Alors que certaines administrations ont procédé auxdits remplacements, Madame le Ministre persiste à maintenir ou à ne pas remplacer les responsables frappés par la limite d’âge et ayant pour la plupart bénéficié de prorogations d’activité à savoir, le Secrétaire Général, l’Auditeur n°1, l’auditeur n°2, les conseillers techniques n°1 et n°2, le Chef de la Division en charge des Ctd. Le rejet systématique de ses propositions de nomination à la Présidence de la République n’ont pas encore achevé de la convaincre de la nécessité d’insuffler un vent nouveau dans cette structure.

Le départ des personnels vers d’autres administrations La faible attractivité financière du Consupe et les difficultés de promotion rencontrées par ses cadres ont débouché sur leur départ massif ces derniers moins. On recense pour les cas les plus notables: Chi Asafor-Sg commission pour le bilinguisme et le multiculturalisme; Kaldadak Pierre-Dg Campost; Ndong Toung Antoine- Inspecteur Général Minader- ; Assene Maxime- Directeur de l’Audit à la Sni ; Kajoudi- Daaf Crtv; Koume Honoré-Directeur Marketing Sopecam ; Haman Djouma-Attaché Services du Premier Ministre; Mbida-Directeur de la production Crtv; Ndo Natacha-chef service communication Crtv ; Kamdem-chef service Anif; Ousman-cadre Anif; Ndjemba Freddy-détachement Afrosai; Memvuh Alain-détachement Afrosai; Ankamtsene Mgboa-détachement Pasie; Batitok Anicet-Chef cellule Minimidt; Effa Messi-chef cellule Minader; Bakari-chef cellule suivi Minader; Nyetam Gertrude-chef cellule Minader; Zinka Crépin-Percepteur à Ngoa Ekellé; Ndioro -chef service Minader.

Pesanteurs dans l’exécutiondes missions

Depuis le début du deuxième trimestre 2017, sont déployées les missions Minebase, pesage et péage routiers sans que les effets concrets dudit déploiement soient perceptibles. Pour cause, les descentes sur le terrain n’auraient commencé qu’au mois de septembre faute de véhicules disponibles.

A titre de rappel, les chroniques antérieures sur le Consupe, auraient révélé que deux braderies en 2016 et 2017 euphémisées sous le vocable de réformes auraient privé cette institution de 15 véhicules et ce au profit du Ministre, de parents et de collaborateurs. La conséquence est désastreuse pour l’image de l’institution et les vérificateurs forcés de solliciter, par voie de réquisition, des véhicules auprès des organismes d’accueil. Sur ce dernier point, la non-distinction entre vie publique et vie privée serait érigée en modèle de gestion. Les descentes hebdomadaires du chef de ce département ministériel à Bamenda, faites à chaque occasion à la faveur de la mobilisation d’une noria de véhicules prado, et accompagnées de collaborateurs feraient désormais le bonheur des bulletins de renseignement quotidiens, toutes charges couvertes par la princesse ; la mise à disposition au profit de ses relatifs de chauffeurs de l’institution alimente les discussions de ces derniers ; l’acquisition au profit de proches de six véhicules récemment réformés dont l’un pour la greffière adjointe Mme Chomoh Atingang Camilla (596 973-R).

D’un autre point de vue, alors que les missions sont autorisées par la Présidence de la République et les équipes constituées par les structures techniques compétentes, le versement d’indemnités journalières de mission se fait attendre ou s’effectue timidement. Aucune mission exécutée depuis deux années ne bénéficie de l’intégralité du versement ou du quantum exigé par les circulaires relatives à l’exécution du budget de l’Etat ; au contraire, des avances de 20 à 30% sont versées constituant un formidable incubateur à la corruption qui y est désormais rampante.

Le patrimonialisme

La gouvernance actuelle du Consupe est fondée sur le fait que le ciel n’a qu’un seul soleil et le monde n’a qu’un Dieu souverain. A ce titre, les choix sont l’oeuvre d’une personne et n’inclineraient pas à commentaire s’ils étaient éclairés. Le refus d’un système même souplement balancé, a débouché sur la mise à l’encan de collaborateurs reconnus pour leurs états de service et leur expérience professionnelle pour confiner cette administration à la privauté.

A ce titre, siègent dans les locaux de l’immeuble historique du Consupe en face de l’hôtel Djeuga Palace, le secrétariat du Crefiaf et le Programme d’Appui à la Surveillance des Industries Extractives (Pasie) ; organes bénéficiant de financements internationaux, les traitements y sont conséquents et ont fini par attirer des responsables mus par la vénalité et l’appât du gain. Ainsi au grand dam de personnels choisis par appel à candidatures, le Ministre actuel aurait choisi d’intégrer au Crefiaf trois anciens Inspecteurs d’Etat sous la conduite de «sa soeur » Fongo Tih Clara qui bénéficient mensuellement de 500 000 Francs cfa sans que les effets de retombées de leur présence soient perceptibles. Au Pasie, la soeur cadette du Ministre aurait été recrutée et travaillerait en compagnie de l’Inspecteur d’Etat en retraite Abdou Pepouere dont le ressac des vagues au Port Autonome de Douala (Pad) continuerait d’immerger le Consupe. En effet, cet originaire du Noun a, alors qu’il était désigné expert par le juge d’instruction et rendu attributaire d’honoraires, bénéficié d’hébergements pris en charge par le Pad dans l’univers ouaté de l’hôtel Sawa Novotel, d’indemnités de mission, de carburant pour tous ces déplacements ayant débouché sur sa suspension pour une année pour ruptures aux règles déontologiques. Il est diplômé de l’Enam en section administration générale pendant que le Ministre était lauréat en section magistrature (1985-1987).

Dérives à la Division de la formation et de la Coopération Internationale (Dfci)

Dirigée pendant une douzaine d’années par M.Enoh Alfred, Inspecteur d’Etat à la retraite et aujourd’hui coordonnateur du Pasie, la Dfci est la vitrine des relations de l’Isc avec ses partenaires et la structure responsable de la formation continue dans les services du Consupe. Structure opérationnelle dotée du budget le plus important, elle attire convoitises et envies mais également abrite des pratiques parmi les moins recommandables. En effet, s’y côtoieraient licences des moeurs, parfums d’alcôve, délations en tous genres mais plus gravement encore ruptures à l’obligation de désintéressement des agents publics toutes choses aggravées par la responsabilisation d’El Hadj Hassan, Chef de Division par intérim depuis le 20 janvier 2017.

Sur le dernier cité, permettons-nous même de manière allusive quelques précisions. L’intéressé, comptable-matières de formation (promotion 2002-2004), est sorti sans éclat de l’Enam et a été affecté et employé sans responsabilité au Conseil Economique et Social d’où il est nommé vérificateur-assistant en 2006. Il a été par nla suite promu chef de Brigade (2008) puis chef de section à la Dfci (2016) mais des faits constants demeurent. L’intéressé est le premier responsable de la formation qu’il refuse de s’appliquer à lui-même car s’exprimant de manière très imparfaite et heurtée en anglais ; par ailleurs, ses collègues ne lui reconnaissent aucun haut fait en vérification tant en qualité de missionnaire que de rapporteur au Cdbf, philistinisme qu’il conjugue avec une certaine morgue à l’encontre de ses collègues. Pour être précis, il a été membre des missions Matgenie, Coupe du monde 2010, Bip centre de si triste mémoire et dont l’exploitation a révélé pour l’essentiel, des difficultés d’approche et les limites des vérificateurs engagés. Promu par intérim comme précédemment évoqué à la Dfci, il y a instauré un management de type autocratique rétif à la concertation et faisant le lit à la délation.

Pour preuve, dans la gestion opaque du partenariat Consupe-Communauté Urbaine de Douala (Cud), il choisirait au gré de ses humeurs les facilitateurs et leur reverse les sommes voulues sans transparence aucune. Son altercation publique avec un Contrôleur d’Etat suivie de l’éviction de ce dernier lors de la récente collaboration avec la Cud en témoigne. Un commis de son rang plutôt que de s’attacher à la mission historique qui devrait être la sienne, brille par son comportement obséquieux à l’endroit de sa hiérarchie, ses confidences fantasmagoriques, ses comptes rendus de formation incriminant ses collègues et ses abus d’autorité. Il y en a même parmi ses mentors et ses anciens parrains qui n’y comprennent rien. Par ailleurs, sa conversion en voyageur impénitent, délaissant ses responsabilités pendant plus de trois semaines, n’a pas fini de convaincre sur l’erreur de casting en cours.

Le triomphe du clanisme

Territoire de la compétence neutre, l’administration sait désormais se conjuguer avec les fureurs du nombrilisme et le retour triomphant de la parentèle. De source bien introduite dans un hôtel surplombant le mont Mbankolo, il nous est revenu que pendant ses dix-huit (18) mois de séjour aux frais de la princesse, le hall de cette structure hôtelière était pris d’assaut par des visiteurs jouissant d’avance des privilèges que leur conférerait la nomination de leur «soeur». C’était parfaitement connaître le personnage. En effet, il n’ait de présentation de voeux, de célébrations de fêtes du travail ou de la femme sans présence massive de relatifs qui participent aux beuveries et agapes en tous genres avant tous les responsables du Consupe informés de ce qu’il s’agit d’une parade communautaire.

Cette capture de l’institution vire à l’obsession lorsque l’on considère que le Ministre, l’Auditeur Interne, le secrétaire particulier, le Directeur des Affaires Générales, le chef du parc automobile et le sous-directeur du budget, M. Ndzo Celestine Ngu sont de la même région. S’agissant de ce dernier, un haut responsable des renseignements nous aurait d’ailleurs confié que ses actifs seraient connus et nombreux et sans prétendre à l’exhaustivité, il aurait évoqué ses villas à Etoug-Ebé, son complexe immobilier à Simbock, ses nombreux véhicules, son patrimoine foncier à Bamenda, Kribi, Limbe et Yaoundé, tous biens accumulés à la faveur de ses responsabilités courtes mais controversées dans le commandement territorial, de missions (Bip, programme de sécurisation des recettes routières, Sonara) converties en opérations lucratives et d’activités économiques (importations de biens, acquisition et revente de terrains) en marge des obligations de désintéressement et d’engagement de l’agent public. Plus précisément, notre interlocuteur nous a indiqué qu’outre la photographie menée pour joindre les deux bouts en sa qualité d’étudiant, l’intéressé aurait, animé le kiosque d’une société spécialisée dans les courses de chevaux près du Commissariat spécial n° 1 à Yaoundé, travaillé au Foot Pools (société de paris en football), éléments qui mis ensemble expliquent sa mentalité d’affaires et sa propension à faire feu de tout bois. Le corsetage du Consupe par ce responsable, nous a-t-on expliqué, se traduit par le fait que ce dernier gèrerait en main de maître les finances, les déplacements, la caisse noire, le carburant et irait jusqu’à juger de l’opportunité des instructions de sa hiérarchie s’offrant au passage les morceaux les plus fournis. Enfin, chaque voyage organisé prend une coloration affinitaire au point où les véritables concernés se demandent qu’est ce qu’une titulaire du First School Living Certificate (équivalent du Cep) faite sous-directeur en 2016 peut apporter en industrie à l’occasion des conférences à l’étranger sauf qu’à la vérité,il s’agit essentiellement de déplacements touristiques. Affaire à suivre…

 

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