CHEFFERIE TRADITIONNELLE DE 3E DEGRÉ D’AHALA 2 : COMMENT LE PRÉFET DU MFOUNDI ET LE SOUS-PRÉFET ONT INSTALLÉ UN BRIGAND ET UN USURPATEUR SUR LE TRÔNE.

Marie Serges ZAKOUDA 11 Sep 2019 SOCIÉTÉ

Histoire d’une succession faite en marge de la tradition héréditaire.

Cette imposture dure depuis 2013. Année durant laquelle Jean-Claude Tsila, préfet du Mfoundi et Locko Motassi Martin, sous-préfet de cette époque ont installé Philippe Olivier Bertrand Onambélé comme chef de 3 e degré d’Ahala II au mépris des lois ancestrales qui prévalent.

En effet, ces personnages en agissant en complicité avec un groupuscule d’individus ont tout mis en œuvre pour écarter le véritable héritier de cette succession en réduisant la grande chefferie Mvog-Ada chargée d’histoire à une vulgaire marchandise. Selon des sources bien introduites, Philippe Olivier Bertrand Onambélé, après une vente de terrain à Bastos, aurait arrosé le préfet et le sous-préfet de billet de banque afin d’organiser un hold-up électoral à la chefferie. Pour mener à bien leur coup, ces hommes ont profité de l’absence du légitime héritier qui avait effectué un voyage en Afrique du Sud pour faire son concert. En plus, le préfet du Mfoundi avait omis de respecter la législation en vigueur ; qui exige avant toute intronisation de publier par affichage public un communiqué précisant le nom, la date et le lieu où se tiendra la cérémonie d’installation. Pour le cas d’espèce, aucun communiqué de ce genre n’a été collé à la préfecture du Mfoundi, ni à la sous-préfecture d’Efoulan encore moins à Ahala 2.

D’après les éléments fondamentaux de l’arbre généalogique et l’histoire de la succession dynastique de la chefferie traditionnelle d’Ahala-Onambélé (Ahala II), c’est Etoundi Onambélé Paul Edouard Guilin, fils unique de l’ancien chef d’Ahala II qui devrait normalement présider aux destinées des Mvog-Ada. D’ailleurs, lors de la cérémonie des obsèques de sa majesté Etoundi Onambélé II, le samedi 03 octobre 2009, au plateau Onambélé-Mbazoa, présidée par ce même Locko Motassi Martin, sous-préfet de Yaoundé III d’alors, le conclave des Mvod-Tsoungui-Mballa, l’Essog, au rymthe de l’Essani, a présenté à l’assistance Etoundi Onambélé Paul Edouard Guilin comme le seul et unique prince héritier. C’est pour cette raison qu’on l’a habillé de la peau de panthère, « l’ékob ze », symbole traditionnel du droit de succession : « Etoundi Onambélé II n’est pas mort : Etoundi Onambélé est toujours en vie. Le voici ! » Mais, malgré toute cette proclamation et désignation solennelle selon le rituel traditionnel Beti, Jean Claude Tsila et Locko Motassi Martin se sont entêtés à introniser un usurpateur.

Depuis son installation, Ahala II est devenu l’ombre de lui-même : le village est divisé en deux entités bien distinctes : les pro Krotal et les pro Philippe. Le chef usurpateur n’arrive pas à installer son autorité. Il gère la chefferie comme une épicerie. À cet effet, il a entrepris tout récemment de vendre le caveau familial où reposent les ancêtres Mvog-Ada. Quelle image ! Est-ce normal qu’une autorité aussi souveraine qu’incarne le chef puisse se résoudre à de telle pratique ? Au moment où, nous mettons cet article sous presse, il est parvenu à notre rédaction qu’un procès a été entamé contre Philippe Olivier Bertrand Onambélé. Car ses frères s’opposent fermement à cette vente scandaleuse qui a pour vocation de ternir l’image de la chefferie d’Ahala II.

Vivement que les hautes autorités de l’État de droit qu’est le Cameroun se saisissent de cette affaire ; sinon l’histoire et l’héritage des Mvog-Ada risque de disparaitre.

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