VALLÉE DU NTEM : AFFAIRE D’« USURPATION DE TERRES ».

Marie Serges ZAKOUDA 19 Aug 2020 POLITIQUE

Depuis quelques semaines, une polémique fait couler beaucoup d’encre et de salive, animant au passage les débats dans les chaumières. Il s’agit des 6.000 ha de terres de la Vallée du Ntem, qui auraient été frauduleusement concédés par l’Etat à des entreprises privées notamment à l’entreprise Neo Industry.

En effet, le 8 août 2020, lors de la réunion de concertation présidée par le préfet du Ntem, Bouba Haman, qui a connu une forte mobilisation sécuritaire et de nombreux manifestants, les populations dans leur écrasante majorité, accusent le Ministère du Domaine, du Cadastre et des Affaires Foncières et l’entreprise Neo Industry de s’être accaparés de leurs terres sans les avoir impliqués dans les différentes étapes d’expropriation. Pour Emmanuel Edou, porte-parole des élites, il s’agit d’« une opération de dupe ». Il en veut pour preuve, le fait pour l’Etat ait pris ces terres sous le prétexte d’une déclaration d’utilité publique. Les riverains qui attendent la réaction du Chef de l’Etat, se disent « prêts à mourir pour leurs terres ».

Aussi, pour les avocats des plaignants « le décret du PM est fondé sur un arrêté caduc du Ministre du Domaine du Cadastre et des Affaires Foncières, et doit être rapporté à titre conservatoire ». Ils ajoutent que « la création des réserves forestières calquées sur le régime d’expropriation pour cause d’utilité publique, est une hérésie juridique », d’autant plus que le barrage de Memve’ele a déjà consommé une grande partie des terres de ce département. Parfait Bikoro, élite et représentant du PM, affirme que « les populations ainsi frustrées qui entretiennent de plus en plus un sentiment de rejet par l’Etat du Cameroun, pensent qu’on est en train de les repousser vers le Gabon et la Guinée-Equatoriale voisins ». Des voix se sont levées pour décrier cette situation. A cet effet, le mouvement dénommé « ne touche pas à ma terre », dont les ramifications s’étendent jusqu’à la diaspora, a vu le jour dans les réseaux sociaux et pris les allures d’une véritable crise, avec de nombreux appels au boycott de l’autorité de l’Etat.

Or en réalité, Neo Industry est la victime déloyale d’une certaine élite, ayant des parts dans une entreprise concurrente. Selon une certaine presse « au plus fort d’une menace de pénurie de la fève du cacao, l’entreprise a choisi de sauver le marché camerounais en procédant à des projets de production et d’extension des zones agroindustrielles dédiés à la production de la fève brune ». Ceux qui mettent en cause ce projet surfent surtout sur l’origine tribale de son promoteur. Emmanuel Neossi le promoteur, tire ses origines du département de la Menoua, dans la région de l’Ouest. Plusieurs interrogations peuvent se poser à l’instar de pourquoi de vastes exploitations pour ne pas dire concessions agraires ont-elle été accordées aux expatriés dans différentes régions du Cameroun les refuser aux nationaux.

Si un chorus semble avoir été trouvé pour décider d’un ‘‘Non’’ catégorique aux investissements à venir dans la Vallée du Ntem. Pourquoi seul le nom de Neo Industry semble avoir attiré l’attention des autochtones ? Cette tromperie organisée par les élites de la Vallée du Ntem doit être démasquée.

Affaire à suivre…

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