CRISE DANS LE NOSO : LE MINAT FIXE DES RESTRICTIONS DANS L’ACQUISITION ET LA VENTE DES ARMES BLANCHES.

Marie Serges ZAKOUDA 19 Aug 2020 POLITIQUE

Dans une correspondance adressée le 18 août 2020 aux gouverneurs des régions en conflit, le MINAT prend des mesures conservatoires visant à restreindre l’achat, l’utilisation et la possession des armes blanches dans lesdites régions. Cette décision du ministre Paul Atanga Nji, intervient suite aux exactions et assassinats barbares perpétrés  par les séparatistes à l’aide des armes blanches.

Le MINAT indique désormais et sur une période de quatre mois, que tout citoyen désirant acheter une machette devra obtenir au préalable une autorisation auprès du sous-préfet territorialement compétent. Il devra par ailleurs, justifier d’une activité agricole avant toute acquisition proprement dite à la quincaillerie ou au magasin. En second lieu, le vendeur devra identifier l’acheteur, retenir son numéro de téléphone et la situation de son domicile. Aucun achat ne devra se faire sans la présentation de la CNI.

Le MINAT précise que « l’achat du fer à béton de diamètre 6, 8, 10 est soumis aux mêmes conditions d’autorisation et d’identification. Le vendeur devra s’assurer que l’acheteur dispose effectivement d’un chantier en cours, avec permis de bâtir. Les magasins et les quincailleries devront conserver les copies des CNI, les numéros de téléphones ».

Ces mesures conservatoires qui, au regard des assassinats perpétrés par des sécessionnistes à l’aide des armes blanches, pourraient contribuer à l’identification des sécessionnistes. De l’avis de plusieurs observateurs, cette mesure pourrait être difficile à appliquer. En réalité, les machettes et les haches, sont en effet des outils utilisés en grande quantité dans le NoSo, notamment  dans les zones reculées et essentiellement agricoles. De ce fait, beaucoup de personnes disposent déjà de ce matériel, lequel pourrait être récupéré par des bandes opérant dans ces régions.

Du moins ces mesures du MINAT sont « surréalistes » lorsqu’on sait que les populations vivant dans des zones reculées devront parcourir des kilomètres pour accéder à une sous-préfecture et que dans ces régions les chefs de terre ont presque déserté leur bureau à cause de l’insécurité. Bien plus, beaucoup de personnes dans ces régions n’ont même plus de carte d’identité qui, pour certains, ont été détruites par les séparatistes lors de leurs contrôles, perdues dans les différentes incendies ou déménagements successifs. Il y'a lieu de se demander si Paul Atanga Nji a imaginé comment seront appliquées ces mesures sur le terrain? Et si les acheteurs des machettes, de haches et de fer se ravitaillaient en zone francophone pour contourner cette mesure? Seul l'avenir nous le dira..

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