AFFAIRE NEO-INDUSTRY/ETAT DU CAMEROUN : JEAN MICHEL NINTCHEU S’EXPRIME.

Marie Serges ZAKOUDA 20 Aug 2020 POLITIQUE

Les différentes démarches menées par les populations de la Vallée du Ntem, ayant permis d’aboutir à la suspension par le Ministère du Domaine, du Cadastre et des Affaires Foncières de la procédure d’expropriation de 66.340 hectares de terre en faveur de Neo Industry S.A, ont poussé l’Hon Jean Michel Nintcheu de donner son opinion.

Dans une Tribune libre, le député SDF pense que la décision du Ministère du Domaine, du Cadastre et des Affaires Foncières de suspendre le contrat de bail entre Neo-Industry et l’Etat du Cameroun, aura de lourdes conséquences. Il estime que ceux qui sont en charge de ce dossier devraient d’emblée s’interroger si les populations riveraines ont été consultées avant la concession de ces terres, se rassurer si la procédure légale pour le contrat de bail a été respectée, et si ceux qui devaient être déguerpis ont été dédommagés conformément aux dispositions légales. Pour ce parlementaire, cette affaire de terres dans la Vallée du Ntem, étale à la face du monde les maux qui minent notre pays à savoir : « la mal gouvernance jacobine sur fond de tribalisme et de haine ambiante ». Il souligne que « le gros péché que le Gouvernement doit s’abstenir désormais de commettre, est de gérer les affaires de la cité sans l’avis ou le consentement des populations locales ». Pour lui, la « conséquence de ce diktat, est ce cafouillage observé, qui expose une fois de trop les incongruités de ce régime ultra centralisé, qui pense qu’on peut par la force administrer un pays exclusivement à partir du sommet sans tenir compte du peuple qui détient le véritable pouvoir ».

Selon Jean Michel Nintcheu, ce n’est pas tant la superficie concédée qui fait problème mais « plutôt le tribalisme, la haine proclamée et la xénophobie dont font montre certains dignitaires de ce département qui n’ont eu de cesse d’instrumentaliser les populations. Le seul tort manifeste de Neao-Industry est que son promoteur est originaire de la région de l’Ouest ».

Le député du Sdf poursuit en indiquant que « cette décision provisoire si elle devenait définitive, sera forcément une grosse perte pour les populations et pour le développement économique de notre pays. Un très mauvais message envoyé aux potentiels investisseurs nationaux et surtout étrangers, avec comme conséquence désastreuse que les banques et les investisseurs étrangers, n’injectent pratiquement plus leurs capitaux dans les projets portés par nos hommes d’affaires ».

En conclusion, la suspension du contrat de bail entre l’Etat du Cameroun et la société Neo-Industry « se résume en deux mots inscrits dans la constitution de la République à savoir allogènes et autochtones. Ces deux termes ont tout le temps constitué le carburant qui permet à Monsieur Biya de diviser les Camerounais pour assurer sa longévité au pouvoir ».

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