COMMENT TAIRE ?

Jean-Emmanuel MANGA 22 October 2018

Pour le meilleur et pour les biens.

La polygamie a toujours été un jeu d’intérêts pour les Hommes. En effet, si jadis elle permettait aux hommes de multiplier leur revenu à cause des bras valides qu’elle fournit pour les travaux champêtres, actuellement elle n’est plus qu’un facteur de dépenses considérables pour l’homme. Ici les postes de dépense domestiques se multiplient par le nombre d’épouses. Les contingences économiques sur le continent avaient quelque peu contribué à tiédir l’ardeur des Don Juan. Un contexte de pauvreté généralisée, face à la cherté du coût de la vie, où tout le monde tire le diable par la queue. Une deuxième épouse devient alors un luxe que beaucoup d’hommes ne peuvent plus se permettre. Depuis, les irrédentistes sont passés d’une polygamie basique à une autre où le choix de la conjointe est motivé. Dans ce rapport de dividendes, les hommes optent de plus en plus pour des épouses qui soient un soutien et non une charge pour eux. Conjoncture oblige, naturellement !

Cependant, la pratique présente un visage peu reluisant. L’on pense d’ailleurs que des contraintes auraient pu être trouvées pour minimiser les méfaits et les effets négatifs de la polygamie dans la famille et dans la société d’une part et d’autre part, pour garantir un relatif bien-être matériel pour les enfants issus de cette pratique. Une approche qui aurait eu le mérite d’adapter quelque peu la pratique aux enjeux de la modernité et de la mondialisation dans l’intérêt des générations actuelles et futures.

Face à un sujet aussi complexe que délicat comme la polygamie, les avis divergent. Entre prescription religieuse et désir d’assouvir une libido débordante, en plus du ratio homme-femme, la gent féminine domine dans plus d’une société africaine, chacun y va de son allant. Aussi l’homme rend-il service à la société en casant deux ou plusieurs épouses. En effet, l’honneur chez la plupart des femmes africaines est de revendiquer le statut matrimonial «mariée» et à défaut d’avoir un homme à elles seules, plusieurs acceptent de partager un même mari. Aujourd’hui, pour plusieurs femmes qui acceptent la polygamie, l’objectif réel est plutôt égoïste. C’est tout juste pour revendiquer un statut social et donner un nom à leur enfant et non pour se soumettre aux caprices d’un mari volage. Dans ces conditions, le mari trouve de moins en moins son compte dans cette polygamie qui, de plus en plus, profite à la femme. Lasse de lutter contre une pratique aux multiples avatars, la femme a décidé d’en tirer le meilleur parti. Laissant les hommes à leur infidélité congénitale, elle est en train de prendre la main sur l’homme dans ce jeu de pouvoir et d’intérêt. La rivalité entre les coépouses reste cependant féroce. Sans ces petites « amabilités » entre femmes autour du même mâle, le tableau de la polygamie serait trop idyllique. Ce qui, on s’en doute bien, est loin de la réalité.

 

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